Les carences liées à la maladie coeliaque

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Zoom sur les carences liées à la maladie coeliaque.

Les carences liées à la maladie coeliaque font partie des sujets qui reviennent le plus souvent, et aussi de ceux qui prêtent le plus à confusion. Beaucoup de personnes découvrent une carence avant même d’avoir entendu parler de la maladie coeliaque, d’autres s’interrogent après le diagnostic, et certaines finissent par associer carences, gluten et alimentation de façon un peu rapide.

Dans la maladie coeliaque, les carences ne sont ni systématiques, ni anecdotiques. Elles ne traduisent pas un manque de volonté, ni une alimentation « mal faite ». Elles sont le plus souvent liées à un mécanisme bien précis : une atteinte de la muqueuse intestinale qui peut perturber l’absorption de certains nutriments, parfois pendant longtemps avant que la maladie ne soit identifiée.

L’objectif de cet article est de prendre le temps de vous expliquer ce que recouvrent réellement les carences liées à la maladie cœliaque, dans quels contextes elles sont observées, et pourquoi il est important de ne pas les confondre avec d’autres situations, notamment celles liées au régime sans gluten. Comme toujours vous pouvez retrouver les sources scientifiques sur lesquelles je m’appuie pour rédiger cet article et vulgariser ces notions à la fin de l’article.

  carences liées à la maladie coeliaque

 

De quoi parle-t-on exactement lorsqu’on parle de carences ?

Une carence correspond à un déficit mesurable d’un nutriment nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme. Il peut s’agir de vitamines, de minéraux ou d’oligo-éléments. Le terme est souvent utilisé de manière très large, alors qu’il recouvre des réalités différentes selon le contexte.

Avoir une carence ne signifie pas forcément « mal manger », ni suivre une alimentation déséquilibrée. Une carence peut apparaître même lorsque les apports sont suffisants, si l’organisme n’arrive pas à absorber correctement certains nutriments. C’est un point fondamental pour comprendre les carences dans la maladie coeliaque.

Il est aussi important de rappeler qu’une carence, à elle seule, n’est pas un diagnostic. Elle constitue un élément d’orientation, qui doit toujours être interprété dans un contexte médical global, en tenant compte des symptômes, des antécédents et du parcours de la personne.

 

Pourquoi la maladie coeliaque peut entraîner des carences ?

Dans la maladie cœliaque, le mécanisme principal à l’origine des carences est bien connu : il s’agit de l’atteinte de la muqueuse de l’intestin grêle. Cette muqueuse joue un rôle central dans l’absorption des nutriments. Lorsqu’elle est altérée par l’inflammation chronique liée à la maladie, cette absorption peut devenir moins efficace.

Ce phénomène ne s’installe pas du jour au lendemain. Chez certaines personnes, la maladie cœliaque peut évoluer pendant des années avant d’être diagnostiquée, parfois avec peu ou pas de symptômes digestifs. Pendant ce temps, l’absorption de certains nutriments peut être perturbée de façon progressive et silencieuse.

Les carences liées à la maladie coeliaque ne sont donc pas dues à un manque d’apports, mais à un problème d’assimilation. Même lorsque l’alimentation est variée et équilibrée, l’organisme peut ne pas recevoir tout ce dont il a besoin si l’intestin ne fonctionne pas correctement.

C’est ce mécanisme de malabsorption qui explique pourquoi certaines carences sont fréquemment observées au moment du diagnostic de la maladie cœliaque. Il permet aussi de comprendre pourquoi leur présence ne reflète ni un choix alimentaire, ni un comportement particulier, mais bien une conséquence possible de la maladie elle-même.

 

Quelles carences sont le plus souvent décrites dans la maladie coeliaque ?

Dans la maladie coeliaque, certaines carences sont décrites plus fréquemment que d’autres dans la littérature médicale, en particulier au moment du diagnostic. Cela ne signifie pas qu’elles sont systématiques, ni qu’elles concernent toutes les personnes coeliaques.

Parmi les carences les plus souvent observées figurent celles liées au fer, aux vitamines du groupe B, à la vitamine D, au calcium ou encore à certains oligo-éléments. Leur fréquence varie selon l’âge, la durée d’évolution de la maladie avant le diagnostic, et le degré d’atteinte de la muqueuse intestinale.

Il est important de souligner que ces carences ne se manifestent pas toutes de la même manière. Certaines peuvent être responsables de symptômes assez évocateurs, tandis que d’autres restent longtemps silencieuses et ne sont mises en évidence qu’à l’occasion d’un bilan biologique.

Cette diversité explique pourquoi il n’existe pas de profil unique de carences liées à la maladie coeliaque. Leur présence, leur nature et leur intensité dépendent toujours d’un contexte individuel, et non d’un schéma prédéfini.

 

Les carences en vitamines :

Les vitamines sont des molécules indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Elles interviennent dans de nombreux mécanismes physiologiques, mais notre corps ne sait pas les produire en quantités suffisantes. Elles doivent donc être apportées par l’alimentation.

Elles sont nécessaires en très petites quantités, ce qui explique qu’un déséquilibre puisse passer inaperçu pendant longtemps. À l’inverse, des apports excessifs peuvent aussi poser problème. Là encore, tout est une question d’équilibre.

Le tableau ci-dessous présente, à titre informatif, les principales vitamines concernées dans certaines situations de carences liées à la maladie coeliaque. Il ne constitue ni un outil de diagnostic, ni une indication de supplémentation, et ne remplace en aucun cas un avis médical.

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Les carences en sels minéraux :

Les sels minéraux sont des éléments indispensables au fonctionnement de l’organisme. Ils interviennent notamment dans l’équilibre hydrique, le fonctionnement musculaire et nerveux, ou encore la solidité osseuse.

Leur régulation repose sur un équilibre fin, qui peut être perturbé dans certaines situations, notamment lorsque l’absorption intestinale est altérée. Comme pour les vitamines, un déficit ne se résume jamais à un simple manque alimentaire, et doit toujours être replacé dans un contexte global.

Le tableau suivant propose un aperçu des minéraux et oligo-éléments pouvant être impliqués dans des situations de carences observées chez certaines personnes atteintes de maladie coeliaque. Ces informations ont un objectif pédagogique et ne doivent pas être interprétées comme des recommandations de prise de compléments alimentaires.

Pour une présentation générale sur le rôle des vitamines et minéraux, vous pouvez consulter cette page de l’Assurance Maladie (ameli.fr) sur les vitamines et minéraux. carences liées à la maladie coeliaque vitamines

 

Carences liées à la maladie coeliaque : des contextes cliniques particuliers

Les carences liées à la maladie coeliaque ne s’observent pas de manière uniforme. Elles apparaissent surtout dans des contextes cliniques bien précis, décrits dans les études, et rarement de façon isolée.

L’un des éléments fréquemment retrouvés est un diagnostic tardif de la maladie. Lorsque la maladie coeliaque évolue pendant plusieurs années avant d’être identifiée, l’atteinte de la muqueuse intestinale peut s’installer durablement. Les déséquilibres nutritionnels qui en découlent ne sont alors pas toujours visibles immédiatement, mais peuvent se révéler plus tardivement, à l’occasion d’un bilan.

Ces situations concernent aussi parfois des formes de maladie coeliaque peu symptomatiques sur le plan digestif. En l’absence de troubles francs, la maladie peut passer inaperçue plus longtemps, laissant le temps aux mécanismes de malabsorption d’agir de façon silencieuse.

Il est important de souligner que ces contextes ne permettent pas d’anticiper l’évolution individuelle. Ils décrivent des tendances observées dans certaines populations, et non les situations individuelles des patients. C’est important de le préciser car c’est de cette façon que l’on peut aborder la littérature scientifique sur la maladie coeliaque. Toutes les personnes atteintes de maladie coeliaque ne présentent pas de carences, et leur présence ne permet pas de donner des informations sur la gravité de la maladie, ni son évolution future.

 

Carences liées à la maladie coeliaque et régime sans gluten : attention à ne pas tout confondre

Il est important de distinguer deux situations qui sont très souvent confondues : les carences liées à la maladie coeliaque elle-même, et celles qui peuvent parfois être observées chez certaines personnes suivant un régime sans gluten. Ces deux réalités ne reposent pas sur les mêmes mécanismes et ne doivent pas être interprétées de la même manière.

 

Les carences liées à la maladie coeliaque

Dans la maladie coeliaque, les carences sont principalement liées à une atteinte de la muqueuse intestinale. Lorsque cette atteinte est installée depuis longtemps, l’absorption de certains nutriments peut être altérée. Les carences observées reflètent alors une situation antérieure au diagnostic, parfois ancienne, et ne sont pas liées à des choix alimentaires. Dans ce cas, les carences sont la conséquence directe d’un mécanisme de malabsorption, propre à la maladie, et non d’une restriction volontaire.

 

Les carences parfois observées avec un régime sans gluten

Un régime sans gluten, en tant que tel, n’est pas censé entraîner de carences. Lorsqu’il est équilibré, il peut couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels, au même titre qu’une alimentation contenant du gluten.

Lorsque des carences sont observées après la mise en place d’un régime sans gluten, elles sont le plus souvent liées à d’autres facteurs : habitudes alimentaires limitées, exclusions multiples, diversité alimentaire réduite, ou encore récupération nutritionnelle incomplète après une période prolongée de malabsorption liée à la maladie coeliaque.

Dans ce contexte, les carences ne sont pas dues à l’absence de gluten, mais à l’équilibre global de l’alimentation et à l’histoire nutritionnelle antérieure.

 

Pourquoi cette distinction est essentielle

Confondre ces deux situations peut conduire à des conclusions erronées, comme l’idée que le régime sans gluten serait intrinsèquement carencé, ou que toute carence observée serait automatiquement imputable au gluten. La réalité est plus nuancée. Faire cette distinction permet de replacer chaque situation dans son contexte réel, d’éviter les amalgames, et de mieux comprendre les mécanismes en jeu, sans projeter ces situations sur l’ensemble des personnes concernées.

 

Comment les carences sont-elles mises en évidence ? 

Les carences liées à la maladie coeliaque sont le plus souvent mises en évidence à l’aide d’examens biologiques. Il s’agit généralement de prises de sang permettant d’évaluer certains paramètres nutritionnels. Ces examens ne sont jamais interprétés isolément : ils prennent sens uniquement lorsqu’ils sont replacés dans un contexte clinique global.

Un même résultat peut avoir une signification différente selon l’âge, l’état général, les antécédents médicaux ou le moment auquel il est réalisé. Une valeur en dehors des normes ne signifie pas automatiquement qu’une carence est ancienne, sévère ou durable. À l’inverse, certaines carences peuvent exister sans entraîner de symptômes évidents.

Dans le cadre de la maladie coeliaque, ces examens permettent surtout de comprendre une situation à un instant donné. Ils aident à éclairer le raisonnement médical, mais ne constituent pas, à eux seuls, un diagnostic de maladie coeliaque, ni un indicateur fiable de son évolution.

C’est pour cette raison que la présence d’une carence ne doit jamais être sur-interprétée. Elle fait partie d’un ensemble d’éléments qui doivent être analysés avec recul par le soignant qui vous accompagne.

 

À qui s’adresser en cas de carences liées à la maladie coeliaque ?

Lorsqu’une ou plusieurs carences sont mises en évidence dans le contexte d’une maladie coeliaque, il est important de rappeler que leur interprétation ne repose jamais sur un seul professionnel de santé. Elles s’inscrivent dans un parcours médical coordonné, où chacun a un rôle précis.

  • Le médecin généraliste : Il est souvent le premier interlocuteur. Il permet de faire le lien entre les résultats biologiques, les symptômes éventuels et les antécédents médicaux. Il coordonne les examens et oriente vers les spécialistes si nécessaire.

  • Le gastro-entérologue : Dans la maladie coeliaque, son rôle est central. Il permet de replacer les carences dans le contexte digestif et immunologique, en tenant compte de la durée d’évolution de la maladie, du moment du diagnostic et de l’état de la muqueuse intestinale.

  • Le biologiste médical : Il intervient à travers l’analyse des examens biologiques. Les résultats qu’il fournit doivent toujours être interprétés avec recul, en fonction du contexte clinique global, et non comme des éléments isolés.

  • Le diététicien ou le nutritionniste, lorsque cela est pertinent : Il peut aider à analyser l’équilibre global de l’alimentation, notamment chez les personnes suivant un régime sans gluten, sans se substituer au suivi médical.

Cette approche pluridisciplinaire permet d’éviter les raccourcis, de ne pas sur-interpréter une carence isolée, et de replacer les carences liées à la maladie coeliaque dans une vision globale propre au patient.

 

Plus d’information :

 

🌱 Zoom sur la maladie coeliaque

 

🌱 Zoom sur les enjeux du suivi du régime sans gluten dans le cadre de la maladie coeliaque

 

 

Sources scientifiques et mises à jour +

Date de publication initiale : 22 novembre 2016

Dernière mise à jour : 27 janvier 2026

Sources scientifiques principales :

  • Ludvigsson J.F. et al., The Oslo definitions for coeliac disease and related terms, Gut, 2013
  • Green P.H.R., Jabri B., Celiac disease, New England Journal of Medicine, 2003
  • Fasano A., Catassi C., Celiac disease, Gastroenterology, 2012
  • Lebwohl B., Sanders D.S., Green P.H.R., Coeliac disease, The Lancet, 2018
  • Malamut G., Cellier C., Clinical manifestations of adult celiac disease, Pathologie Biologie, 2013
  • Dahele A., Ghosh S., Vitamin deficiencies in untreated celiac disease, American Journal of Gastroenterology, 2001
  • Ciacci C., Cirillo M., Cavallaro R., Mazzacca G., Long-term follow-up of celiac adults on gluten-free diet: nutritional status and persistence of deficiencies, American Journal of Gastroenterology, 2002
  • Hallert C., Grant C., Grehn S. et al., Evidence of poor vitamin status in coeliac patients on a gluten-free diet for 10 years, Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 2002
  • Bai J.C., González D., Mautalen C., Mazure R., Pedreira S., Vazquez H., Long-term effect of gluten restriction on nutritional status of patients with celiac disease, American Journal of Gastroenterology, 1997
  • Wierdsma N.J., van Bokhorst-de van der Schueren M.A.E., Berkenpas M., Mulder C.J.J., van Bodegraven A.A., Vitamin and mineral deficiencies are highly prevalent in newly diagnosed celiac disease patients, Nutrition, 2013
  • Haute Autorité de Santé, Maladie coeliaque : diagnostic et prise en charge, 2024

Veille scientifique Cet article repose sur l’état actuel des connaissances scientifiques concernant la maladie cœliaque. Les données scientifiques évoluant, son contenu est relu et mis à jour afin de rester conforme aux publications de référence. Je fais une veille tous les mois et modifie les éléments qui ne sont plus à jour systématiquement lorsqu’ils sont détectés.

A propos de l’autrice : Professeure de sciences de la vie et de la Terre et malade coeliaque, je suis formée à la biologie et à l’analyse critique des données scientifiques. Je propose sur ce site un travail de vulgarisation scientifique autour de la maladie cœliaque et du régime sans gluten, fondé sur des sources scientifiques et institutionnelles. Les contenus ont une visée informative et pédagogique car je suis convaincue que l’on vit mieux sa maladie lorsqu’on la comprend. Aucun conseil médical ne sera délivré sur ce site ou en commentaire. Une prise en charge par un(e) médecin est essentielle si vous avez des doutes.

 

 

Obtenir de l’aide pour comprendre la maladie :

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Was last modified 27 janvier 2026 by Mathilde